L'entretien d'évaluation annuelle
Les cordonniers seraient les plus mal chaussés. Je sais...
Hier s'est tenu mon entretien d'évaluation annuelle avec mon chef, mon manager, mon N+1, mon mentor (nan là en fait c'est pas l'cas). Ce moment privilégié a donc eu lieu après 5 mois passé dans ce poste et cette entreprise.
J'avais bien préparé cet entretien: achievements 2007, projets 2008, axes de développement (court et moyen terme), identification de besoins de formation et demandes de feedback sur telle ou telle compétence. Sans compter la préparation psychologique...
De son côté, il avait plutôt l'air d'improviser. Il a râlé au sujet de l'outil d'évaluation, a souhaité ne pas traiter de certains sujets et est, à cette occasion, tombé dans deux des nombreux écueils possibles: l'absence de dialogue et la notation facile. En effet, il ressort de cet entretien que je n'ai quasiment pas pu en placer une (il est très fort) et que j'ai été extrêmement bien notée. Sur ce dernier point, un peu d'explication:
aussi "drôle, belle et intelligente" que je puisse être parfois, une telle débauche de "excellent", "clear strenghs", "real competent", ne se justifie pas et parait peu crédible. Preuve en est que prétendre avoir développé toutes les compétences requises et imaginables au niveau auquel elles devraient être attendues, s'est révélé être un exercice stérile et pompeux.
Bref tout ça pour dire que toute discussion était rendue difficile (il n'a pas souhaité entendre les nuances que je pouvais apporter) et qu'en conclusion on peut se demander si le niveau d'attente est ici très bas (le sien, pas le mien) ou si il a fait ça pour avoir la paix. Après réflexion, je pense que c'est un peu des deux.
Il faut comprendre ma frustration: en tant que RRH, je passe une bonne partie de mon temps à expliquer aux managers en quoi l'entretien d'évaluation et ses supports constituent un réel outil de management et de développement. Et en plus j'y crois! Ayant moi-même eu la chance de bénéficier d'un management high level au tout début de ma carrière déjà longue de plus de 4 années... Mais voilà, comme toute chose en ce monde, il ne suffit pas d'exister, encore faut-il être bien employé.
Je suis donc ressortie de là toujours accompagnée de mes doutes, mes complexes et mon syndrome d'imposture.
Pour finir, quelques points positifs tout de même: on s'est trouvé d'accord sur le fait que, à vu de nez, ma présence dans mon poste actuel ne se justifiera que sur deux ans et qu'intégrer ensuite un poste dit de "spécialiste" ce serait pas mal. Je suis également sortie de là avec l'engagement écrit de me laisser participer à 4 formations de mon choix (en droit social et développement) et de m'inscrire à un réseau pro RH. Tout n'est pas perdu...
Et vous, votre dernier entretien, constructif?