Rencontre...
Rentrant chez moi hier soir après avoir fait quelques courses, me voilà dans l'entrée de mon immeuble dans la posture suivante: 2 ou 3 sacs de courses dans la main gauche, main droite à farfouiner dans ma boite aux lettres et porte d'entrée bloquée grâce à mes fesses. En effet, la configuration de l'endroit et le positionnement géographique de ma boite aux lettres font que je choisis souvent cette option pour relever mon courrier, bref!
Et voilà qu'un de mes voisins souhaite passer et me regarde bouche bée ne sachant pas comment s'en sortir et me rappelant ainsi que, dans la vie, il y a des choix compliqués à faire.
Il porte une djellaba et une sorte de bonnet blanc sur la tête dont je ne connais pas la domination précise. Il fait donc partie de ceux qui choisissent de vivre en exposant constamment leur choix religieux.
Alors que je lui dit que s'il veut sortir c'est à lui de tenir la porte et de passer derrière moi, sa femme apparait. Elle porte une burka. Noire. Le corps entièrement recouvert. Même les yeux. Tissu noir ajouré. Je les ai vus parce qu'ils brillaient.
Il ne s'agit pas de débattre là-dessus, pour moi cela fait partie des questions qui n'ont pas de “bonne” réponse au même titre que celle concernant la légalisation et l'encadrement de la prostitution.
Simplement, après les avoir croisé, j'ai pleuré. Loin, je pense, de juger ou d'émettre une idée à ce sujet, cela m'a simplement soulevé le coeur. L'image que j'ai vu c'est celle d'un cadavre, de la mort qui passe. C'est du froid. Du triste. De la négation de soi. Elle était grande, rapide dans ses mouvements. Mais elle n'était pas. La croisant, j'ai cherché instinctivement à voir ses yeux que je n'ai pu que deviner. Les sanglots sont arrivés immédiatement après.
A quoi pense-t-elle?
A quoi pense-t-elle quand elle croise une gonzesse en jupe et décolleté qui maintient une porte avec son cul?
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