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Publié le par Tita

Reprise du boulot, j'ai déjà mes habitudes: une douche, hop je saute dans mes tongs, je regarde si j'ai bien mes 2000 riels, j'attrappe un casque et je vais au coin de la rue où attendent 3 ou 4 moto-dop. Sur le trajet je me dis que le deux-roues, en passager, j'adore surtout quand il fait beau et chaud! En arrivant je m'arrête au petit étal en contre-bas du centre pour acheter bouteilles d'eau et régime de bananes (petites et délicieuses) et j'arrive au boulot. Là j'enlève mes tongs, je pose les bananes dans le coin à petit-déj (car ce sera pour plus tard en fait, il est trop tôt pour manger) et je m'installe à mon bureau, échange quelques bêtises avec Nary et Phaline et sape l'autorité d'Arthur avant son arrivée. Après ça on se met à bosser. Une heure plus tard tout le staff petit-déjeune, il est environ 9 heures. Ensuite c'est une journée d'échanges, de dossiers ficelés, de projets qui avancent et d'idées qui circulent. ça fait du bien!


Voilà ce qu'est ma journée-type ici. Sauf aujourd'hui en fait. La matinée a commencé différemment car je me suis rendue très tôt, à 6h30, dans les locaux d'une autre ONG qui a pour mission de s'occuper des enfants de la décharge de Phnom Penh. L'ONG s'appelle Pour un Sourire d'Enfants et prend en charge de la crèche à l'apprentissage d'un métier, les enfants qui vivent et travaillent avec leur famille sur la décharge de la ville. Ils y font du tri, nettoie le plastique et le verre pour les revendre une misère à des vietnamiens qui les transportent dans leur pays pour les recycler et les revendre puisque de telles infrastructures n'existent pas au Cambodge. Les enfants y travaillent surtout la nuit car la chaleur est moins forte, il y a souvent des blessés par les morceaux de verre et de fer, mais aussi des brûlés par les débuts d'incendie que provoquent la putréfaction ajoutée à 40°C.


La visite de ce matin a consisté à visiter les locaux où sont gardés les enfants en bas-âge, les salles de classe, l'infirmerie improvisée, etc. Puis nous nous sommes rendues à la décharge que nous avons un peu parcouru, il était tôt, les odeurs étaient donc encore supportables par contre la vue... Il y aurait certainement beaucoup à dire sur le fait qu'une municipalité laisse faire, sur le fait que le projet d'édification d'une véritable décharge (avec centre de recyclage, normes d'hygiène...) soit programmée pour 2010 mais que bon nombre des actuels “éboueurs” et trieurs resteront laissés pour compte, sur le fait que les enfants pauvres exonérés du paiement de leur école finissent par ne plus pouvoir y aller parce que les professeurs sous-payés font maintenant payer des droits d'entrée aux familles. Mais bon, il me faut encore y penser.


Sinon autant dire que me retrouver au milieu d'enfants, à l'heure du petit-déjeuner, pour les aider à se nourrir, avec cette ambiance de crèche si ce n'était le contexte (brouhaha, rires, nourriture par terre, enfants intimidés et enfants calins), cela m'a fait tout drôle. Je ne me voyais pas faire ça et voilà.


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Publié dans Mission au Cambodge

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