Parce que parfois il faut se poser 5 minutes
Etant donné que les grandes idées semblent infructueuses, les grands sentiments générateurs de déceptions et les grands projets finalement soumis à des contingences qui nous dépassent, seuls les détails devraient compter, non?
Alors voilà, j'entreprends, pour les jours où je les oublie, la liste de certains d'entre eux... Ainsi il y a les fois où ma soeur rigole tellement de bon coeur qu'elle a de nouveau l'expression qu'elle avait gamine. Il y a le soleil, quand il fait chaud et qu'on est allongé sur le sable, les pieds et les mains enfoncés dedans, avec comme seul souci celui de savoir si il est déjà temps de remettre de la crème solaire ou pas. Il y a les fins d'après-midi passées dans un café à discuter et rire très fort. Il y a les salles de cinéma lorsqu'elles sont presque vides et qu'elles ont des fauteuils confortables. Il y a le pot de crème qui rend belle qui jouxte les bagues et boucles déposées dans une céramique rappelant la carte postale des îles antillaises reçue cet été et qui fait joli, là juste derrière. Il y a les couvertures et les édredons (le mot même est un effet à lui tout seul). Il y a les coups de fil du dimanche. Il y a les madeleines trempées dans le thé. Il y a les enfants qui se mettent dans vos jambes parce que, qui que vous soyez à cet instant, cela les rassure. Les loupiottes des fêtes de fin d'année, les crêpes de février, les fleurs, le champagne, les fraisiers en juin et puis l'été.
Bon, en ce moment, faut dire que le quotidien est plutôt de l'ordre de la froidure du réveil, de la tristesse des fêtes de fin d'année qui approchent, des licenciements à la chaîne et du mal de crâne. Mais bon, puisque rien ne dure...